Dossier
Intervenant :
Thierry Gauquelin, Professeur émérite, Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE), Aix-Marseille Université (AMU)
The Conversation – 2026

Dans les sommets alpins ou méditerranéens, comme le désert marocain, de drôles de boules recouvrent les paysages. Ce sont des plantes qui, dans ces milieux extrêmes, adoptent cette silhouette aux avantages multiples.
Les milieux extrêmes, tels que la haute montagne méditerranéenne ou alpine, les environnements arides ou présahariens ou encore le littoral, sont souvent colonisés par des végétaux vivaces à port caractéristique en boule. Ces spectaculaires coussinets hémisphériques plaqués contre le sol peuvent être quasiment exclusifs dans le paysage. Dans les milieux où la sécheresse constitue l’une des contraintes majeures, ce port particulier s’accompagne de rameaux épineux et/ou succulents, c’est-à-dire de tiges charnues.
Ces formes en coussinet ne constituent pas une simple accommodation ou réaction à un facteur extérieur, comme le seraient les anémomorphoses, ces modifications de la forme des plantes et des paysages végétaux sous l’effet des vents dominants. C’est ici une adaptation des végétaux, inscrite dans leur patrimoine génétique et résultant d’une évolution à l’échelle de millions d’années.

Cette forme comporte de fait de nombreux atouts pour tirer au mieux partie des ressources rares et des contraintes nombreuses des milieux extrêmes.

