« Je m’intéresse en particulier aux interactions entre les nanomatériaux et le vivant, explique Mélanie Auffan, directrice de recherche CNRS au Centre de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (CEREGE, CNRS/Université d’Aix-Marseille/IRD/INRAE/Collège de France), à comprendre comment leur taille, leur forme et leur nature chimique influent sur les risques pour les humains et l’environnement. »

« Dans le contexte de transition environnementale et énergétique, nous utilisons des matériaux de plus en plus complexes, ce qui pose la question des risques au cours de leur cycle de vie. »

Mélanie Auffan utilise des mésocosmes, des aquariums où sont reconstitués des écosystèmes aquatiques, qu’elle contamine avec des nanomatériaux et autres polluants émergents. Elle regarde ensuite quelles niches écologiques sont les plus impactées et comment les polluants interagissent, s’accumulent et se transforment. Mélanie Auffan a ainsi établi une base de données unique en Europe dédiée à l’étude des risques environnementaux liés aux nanomatériaux et au développement des matériaux du futur dans une démarche d’écoconception.

« Le nombre de composés chimiques d’origine humaine ne cesse d’augmenter, avec des compositions toujours plus complexes ; il faut développer des outils expérimentaux et numériques de prédiction des risques environnementaux adaptés à cette diversité de polluants. »

Mélanie Auffan a suivi un cursus en sciences de la Terre, puis a découvert le monde des nanosciences lors d’un stage de master. Après son doctorat obtenu au CEREGE en 2007, elle est partie en postdoctorat à l’Université de Duke (États-Unis) où elle s’est familiarisée avec les approches interdisciplinaires. « Interagir avec des biologistes, des chimistes, des physiciens m’anime au quotidien, avoue Mélanie Auffan. Derrière cette médaille, c’est toute une équipe qui est récompensée. »