Les forêts méditerranéennes sont soumises à des pressions anthropiques et climatiques croissantes, particulièrement marquées dans les zones les plus contraignantes du bassin méditerranéen, caractérisées par des climats semi-arides à arides. Dans ce contexte, mieux comprendre les mécanismes favorisant la résilience des écosystèmes forestiers constitue un enjeu majeur.

Une étude récente publiée dans Forest Ecology and Management par Catherine Rébufa et ses collaborateurs, menée dans ces environnements a exploré les effets de la mixité forestière sur le fonctionnement des écosystèmes, en comparant des peuplements mixtes (composés d’environ 60 % de pin d’Alep et 40 % de thuya de Berbérie) à des peuplements purs. Grâce à une approche intégrée du continuum sol-plante, les résultats mettent en évidence plusieurs bénéfices significatifs liés à la mixité.

Du côté des sols, les peuplements mixtes présentent une meilleure porosité et perméabilité, ainsi qu’une matière organique plus facilement décomposable. Cette dynamique est confirmée par une activité microbienne accrue, traduisant un fonctionnement biologique plus actif que dans les peuplements monospécifiques.

Au niveau des plantes, le pin d’Alep montre des aiguilles plus longues en mélange, suggérant une meilleure acquisition des ressources. Le thuya de Berbérie, quant à lui, présente une concentration plus élevée en flavonoïdes, des composés impliqués dans la tolérance au stress, notamment face à la sécheresse et aux rayonnements UV.

Ces résultats soulignent l’intérêt de la mixité forestière comme levier d’adaptation face aux changements climatiques, en particulier dans les régions méditerranéennes les plus vulnérables à la désertification.