Approche expérimentale des paysages simplifiés au laboratoire © K. Argote en haut, F. Hamonic en bas.
Approche expérimentale des paysages simplifiés au laboratoire © K. Argote en haut, F. Hamonic en bas.

Bien que la perte d’habitat soit considérée comme la principale cause du déclin de la biodiversité, la fragmentation de ces espaces, c’est-à-dire le morcellement d’une grande surface continue en plusieurs morceaux de plus petite taille, fait débat depuis plusieurs décennies. La disposition des zones d’habitat, la nature des espaces qui les séparent, par exemple des milieux urbains ou agricoles, ainsi que leur perméabilité aux espèces sauvages, c’est-à-dire la facilité qu’elles ont à les traverser, sont d’autres facteurs qui restent aujourd’hui peu pris en compte. Mieux comprendre leurs effets apporterait des éléments concrets aux aménageurs et gestionnaires des territoires.

Une équipe de chercheurs de l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE – CNRS / Aix-Marseille Université / Avignon Université / IRD) a mené une expérience de mini-paysages en laboratoire afin d’étudier les effets conjoints de l’éloignement des habitats et de la perméabilité du paysage sur des populations de microarthropodes. Chaque mini-paysage (50 x 50 cm) contenait quatre zones d’habitat plus ou moins espacées. L’espace entre ces habitats était rempli de quatre matériaux dans lesquels les individus pouvaient plus ou moins facilement se déplacer et survivre.

Liens entre habitat accessible, variables expérimentales et effets sur les populations. © Cécile Albert
Approche expérimentale des paysages simplifiés au laboratoire © K. Argote en haut, F. Hamonic en bas.

Prendre en compte la perméabilité du paysage améliore ainsi notre capacité à prédire le devenir des populations. Cette expérience démontre que l’accessibilité de l’habitat est un indicateur encore trop peu étudié, alors qu’il s’avère déterminant pour prédire l’état des populations. Même si ces résultats expérimentaux doivent être transposés avec prudence à l’échelle de véritables paysages, ils ouvrent de nouvelles perspectives pour aménager des territoires connectés et accueillants pour la biodiversité. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet ERC SCALED qui teste ces mêmes mécanismes à différentes échelles et sur différents types d’organismes.