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BepiColombo : séparation réussie du module de transfert à l’approche de Mercure

4 septembre 2026 by osuadmin

C’est une nouvelle étape cruciale que vient de passer la sonde BepiColombo. Le jeudi 3 septembre 2026, la mission conjointe de l’Agence spatiale européenne et de l’agence spatiale japonaise, JAXA, a franchi un cap historique vers Mercure. La séparation du module de transfert de Mercure (MTM), qui propulsait la sonde depuis huit ans, a été confirmée avec succès par les équipes au sol à Darmstadt. Ce largage réussi marque la fin du long voyage de croisière et lance officiellement la délicate phase d’insertion orbitale autour de la planète.

 

Le succès de la manœuvre du jour et l’acquisition du signal

Une séparation autonome exécutée à la seconde près
Le jeudi 3 septembre 2026, à 14h00, heure de Paris, la sonde BepiColombo a ordonné de manière entièrement autonome la séparation du module de transfert vers Mercure (MTM). À cause de la distance colossale de plus de 200 millions de kilomètres séparant alors l’engin de la Terre, les signaux radio ont mis environ 11 minutes et demie à atteindre la Terre. La coupure des liaisons mécaniques s’est effectuée via des actionneurs non explosifs. Ils ont libéré des ressorts tendus pour repousser doucement le module à une vitesse relative d’environ 40 cm/s.

Soulagement et joie au centre de contrôle de Darmstadt
Après la séparation, l’orbiteur désormais libéré du MTM a basculé temporairement dans un « mode de sauvegarde » automatique de sécurité pour orienter ses panneaux et pointer ses antennes de communication vers la Terre. À 15h49, l’antenne espagnole de Cebreros et l’antenne argentine de Malargüe ont reçu un signal fort confirmant le succès de l’opération. « C’est une excellente nouvelle. Je suis extrêmement soulagée, je n’ai pas de mots. C’est le meilleur scénario possible : la télémétrie arrive exactement au moment où nous l’attendions et nous constatons dans ces données que la configuration de la sonde est correcte », a réagi Elsa Montagnon, chef de la division de la gestion des missions et des opérations scientifiques de l’ESA, lors du direct de l’agence. « Cela signifie que le véhicule spatial a terminé sa reconfiguration comme prévu, qu’il utilise ses fonctions de base, qu’il a de l’énergie, de la propulsion, qu’il a pu se réorienter et qu’il communique avec nous. Nous avons une mission, nous avons une sonde. » Enthousiasme partagé par Bruno Sousa, responsable des opérations et de l’ingénierie à l’ESA. « C’est une nouvelle mission qui débute aujourd’hui », assure-t-il.

 

De la Terre à Mercure : un voyage de huit ans et la suite de la mission

Une croisière complexe rythmée par neuf assistances gravitationnelles
Lancée le 20 octobre 2018 par Ariane 5 depuis Kourou, BepiColombo a parcouru plus de 10 milliards de kilomètres à travers le système solaire interne. Atteindre Mercure est un immense défi. La sonde est constamment attirée et accélérée par le Soleil. Pour freiner sans consommer d’imposantes réserves de carburant, la sonde a exploité la méthode de l’assistance gravitationnelle. BepiColombo a ainsi survolé la Terre une fois en avril 2020, Vénus deux fois ( en octobre 2020 et août 2021), et Mercure à six reprises entre 2021 et 2025. Ce parcours a également été soutenu par une propulsion électrique ionique continue, éteinte définitivement le 15 juin 2026 avant la séparation du 3 septembre.

Le calendrier très précis des prochains mois
Le largage du MTM aujourd’hui n’est que le premier acte de la phase d’arrivée. Les étapes à venir s’articuleront ainsi :

  • 21 novembre 2026 : Capture gravitationnelle et première insertion de l’ensemble dans l’orbite de Mercure.
  • 9-10 décembre 2026 : Séparation de l’orbiteur japonais Mio sur son orbite d’étude de la magnétosphère.
  • 16 décembre 2026 : Éjection du bouclier thermique MOSIF par l’orbiteur européen MPO.
  • 10 mars 2027 : Stabilisation de MPO sur son orbite de travail basse et circulaire.
  • 6 avril 2027 : Début officiel des opérations scientifiques conjointes.

 

Décoder les secrets de Mercure : les objectifs scientifiques

Deux regards complémentaires sur un monde mystérieux
BepiColombo se distingue comme la première mission spatiale à insérer simultanément deux orbiteurs opérationnels autour de la planète la plus proche du Soleil. L’orbiteur européen MPO (Mercury Planetary Orbiter) étudiera la surface, la structure interne et l’exosphère très ténue de la planète. L’orbiteur japonais Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter) se focalisera sur la magnétosphère et l’environnement spatial de Mercure. « La raison pour laquelle la JAXA et l’ESA envoient cette mission vers Mercure est d’en apprendre davantage sur la planète elle-même. La science est le moteur de cette mission », assure le Pr Geraint Jones, scientifique en chef du projet à l’ESA.

Les grandes énigmes de la planète de fer
Les instruments de la mission chercheront à élucider plusieurs mystères, à commencer par la densité anormale de Mercure, qui possède un noyau de fer et de nickel disproportionné par rapport à sa taille. « La densité de Mercure n’est pas plus élevée que celle de la Terre, mais pour sa taille, elle l’est beaucoup que ce à quoi on pourrait s’attendre », précise Geraint Jones. La sonde étudiera également les « hollows ». Il s’agit de dépressions géologiques uniques où le sol semble s’évaporer sous l’effet de la chaleur. La dynamique de sa magnétosphère sera surveillée grâce à l’orbiteur japonais. Enfin, BepiColompbo devrait permettre d’en savoir plus sur la présence inattendue de glace d’eau au fond de cratères polaires éternellement sombres, un peu comme sur la Lune. Cette présence d’eau contraste avec les températures de surface pouvant culminer à 450 °C pendant la journée.

Classé sous :Univers Balisé avec :Communiqué de presse

Deux doctorantes de l’IMBE récompensées au colloque international SERE 2026

29 août 2026 by osuadmin

Lison Défossé a obtenu le 2e prix et Marina Reis le 3e prix de la meilleure communication orale étudiante, pour leurs présentations respectives :

  • Can sealed soils recover? Decompaction effects on soil biodiversity after 50 years of soil sealing and prospects for nature-based restoration
  • Functional strategies for native graminoid establishment: insights from a BEF experiment in the Cerrado

Cette distinction est particulièrement remarquable dans un colloque international qui a réuni près de 600 participants, avec plus de 100 présentations orales d’étudiants et étudiantes en compétition pour ces prix.

L’IMBE adresse toutes ses félicitations à Lison et Marina pour cette belle reconnaissance de la qualité de leurs travaux et de leurs présentations !

Classé sous :Biodiversité, Environnement Balisé avec :Distinction

Conserver les données et les liens pour faire avancer la recherche

24 août 2026 by osuadmin

Une étude publiée le 24 août 2026 dans PNAS en est un bel exemple.

Elle rassemble des données sur 742 espèces végétales provenant de 24 études menées sur six continents.
L’objectif était de comparer les caractéristiques des plantes des prairies anciennes et des prairies qui se sont développées suite de la perturbation d’une prairie ancienne (cultures, remaniements du sol, etc.).

Thierry Dutoit et Elise Buisson, de l’IMBE, ont contribué à cette étude grâce aux données collectées par cinq de leurs doctorants. Ces données représentent plus de 20 % des données utilisées dans cette synthèse mondiale.

Les résultats montrent que les plantes des prairies secondaires sont généralement plus grandes et possèdent des feuilles plus riches en azote, avec une surface foliaire plus importante. Elles sont ainsi davantage adaptées à une croissance rapide et à l’acquisition des ressources. À l’inverse, les plantes des prairies anciennes sont davantage adaptées à la conservation des ressources.
Fait remarquable, ces différences peuvent persister pendant plus d’un siècle après la destruction des prairies anciennes. Elles pourraient notamment modifier durablement le fonctionnement des écosystèmes et accélérer le cycle des nutriments.
Ces résultats soulignent l’importance de préserver les prairies anciennes et apportent des pistes pour restaurer leur biodiversité.

L’étude montre également l’importance de conserver les données produites au cours des recherches.
Mais conserver les données ne suffit pas toujours : maintenir les liens entre doctorants et encadrants est également essentiel.
Ces échanges permettent de mieux comprendre d’anciennes données et de retrouver des informations qui ne sont pas toujours présentes dans les bases de données.

Cette étude illustre ainsi comment des données collectées localement peuvent, plusieurs années après, contribuer à une recherche scientifique menée à l’échelle mondiale.

Classé sous :Environnement Balisé avec :Brève

Formation Communication IMBE TV Biodiversité des grottes marines des Caraïbes : un inventaire inédit de petits crustacés et la découverte de nouvelles espèces

26 juin 2026 by osuadmin

Un nouvel article publié dans ZooKeys, co-signé par Karl Wittmann et Pierre Chevaldonné (IMBE, CNRS, équipe NEMO), met en lumière cette richesse insoupçonnée.

À partir de prélèvements réalisés lors de la mission PACOTILLES-2 aux Petites Antilles, complétés par d’autres échantillonnages et l’étude de collections de musées, les chercheurs ont identifié 27 espèces de mysidacés, de petits crustacés proches des crevettes.

Parmi elles, certaines vivent exclusivement dans ces milieux souterrains, tandis que d’autres y sont simplement associées. L’étude combine observations morphologiques et analyses génétiques pour mieux comprendre les liens entre ces espèces et affiner leur classification.

Plusieurs découvertes marquantes sont présentées, dont la description de nouvelles espèces et même la création d’un nouveau genre. Les travaux permettent également d’étendre l’aire de répartition de certaines espèces, désormais observées dans les Caraïbes.

En rassemblant des données de terrain, de collections et de la littérature, cette étude propose une synthèse complète des mysidacés des grottes marines de la région. Elle constitue une référence précieuse pour mieux comprendre et préserver ces écosystèmes discrets mais particulièrement riches.

Classé sous :Biodiversité Balisé avec :Brève

Révision géophysique de la structure d’impact de Zhamanshin au Kazakhstan

19 août 2026 by osuadmin

On date à moins de 1.1 Ma au moins 3 cratères d’impact terrestres de plus de 10 km de diamètre: Bosumtwi (Ghana, 1.07 Ma, 10.5 km), Pantasma (Nicaragua, 0.81 Ma, 14 km) et Zhamanshin (Kazakhstan, 0.9 Ma, 14 km). Alors que la morphologie de « cratères » des 2 premiers est évidente, cela n’est pas le cas pour Zhamanshin, seulement caractérisé par une série de collines formant un ‘croissant topographique’ entourant une zone centrale plate, et s’ouvrant vers l’est. Les roches de surface ne donnent pas non plus d’indications d’occurrence d’un impact hypervéloce dans la zone. Cependant, des milliers de morceaux de verres d’impact gisent à même le sol des collines. Les forages réalisés durant la période soviétique ont aussi révélé la présence de couches bréchifiées dans le sous-sol, recouvertes de sédiments lacustres et éoliens post-impact. Il y a donc des preuves d’un impact hypervéloce dans la zone, mais la morphologie de surface, sans une bordure de cratère bien marquée (puisque géologiquement jeune), ne permet pas d’identifier clairement un diamètre de 13 à 14 km.

Une nouvelle étude géophysique mêlant cartographies magnétique et gravimétrique, avec des mesures de sismique passive, permet de lever le doute. Une anomalie gravimétrique circulaire d’environ 4 mGal d’amplitude et de 6 km de diamètre, entourant un rebond central positif d’1 mGal, est clairement visible. Une zone de faible signal magnétique est aussi identifiable au centre de Zhamanshin. Enfin, deux coupes issues de la modélisation du signal H/V sous chaque station de sismique passive traversent aussi la zone et permettent de visualiser les variations verticales et latérales de la première interface majeure dans le sous-sol. Sur chaque coupe, cette interface dessine clairement la forme d’un cratère d’impact de 5 à 6 km de diamètre, avec un uplift central large d’environ 1.5 km.

Ainsi, ces résultats permettent de réduire la taille du cratère de Zhamanshin à 6 km maximum, et d’affirmer qu’il est totalement enfoui, sauf ses éjectas ayant atteint les collines alentours. Cette étude démontre une nouvelle fois la pertinence de la géophysique de terrain comme outil majeur pour mieux caractériser les structures d’impact terrestres, notamment le diamètre du cratère. Ceci est primordial pour contraindre le flux d’impacts hypervéloces au cours des temps géologiques.

Vue en perspective du relief de la zone de Zhamanshin (Kazakhstan), recouvrant la carte d’anomalie gravimétrique, ainsi qu’une coupe issue de la sismique passive, révèlant un cratère d’impact enfoui et large de 6 km au maximum. Crédit : Yoann Quesnel (CEREGE) et al. (2026)
Vue en perspective du relief de la zone de Zhamanshin (Kazakhstan), recouvrant la carte d’anomalie gravimétrique, ainsi qu’une coupe issue de la sismique passive, révèlant un cratère d’impact enfoui et large de 6 km au maximum. Crédit : Yoann Quesnel (CEREGE) et al. (2026)

Classé sous :Surface continentale, Terre Balisé avec :Résultat scientifique

Visites insolites du CNRS

25 août 2026 by osuadmin

À quoi ressemble réellement la naissance d’un organisme vivant ? Comment une balade à vélo peut-elle permettre d’étudier l’environnement ? À quoi sert un supercalculateur ? Comment extraire de l’ADN d’ossements humains et que peuvent-ils nous apprendre sur nos ancêtres ? Que se passe-t-il dans le cerveau d’un bébé lorsqu’il apprend à marcher ? Autant de questions que le CNRS vous propose d’éclaircir, le temps d’une Visite insolite.

Du 7 au 18 octobre 2026, les Visites insolites du CNRS invitent tous les publics à vivre une expérience hors du commun au cœur de la recherche. Les chanceuses et chanceux tirés au sort pourront pousser les portes de lieux habituellement fermés au public afin d’observer, de manipuler, d’expérimenter, aux côtés de chercheuses et chercheurs passionnés.

Cette année encore, les surprises seront nombreuses : les 60 Visites insolites proposées offrent l’opportunité d’explorer les mystères, les techniques et les innovations de nombreuses disciplines scientifiques comme la paléontologie, la physique des particules, la robotique, les neurosciences, la mécanique du son ou encore les sciences du climat. Dans le cadre de cette édition 2026 de la Fête de la science dédiée aux « Saveurs savantes », les chimistes et écologues invitent également à passer sous la loupe le contenu de nos caddies et à décortiquer ce qui compose nos assiettes. 

Quarante-sept laboratoires implantés en Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse, Île-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur participent à cette édition 2026. Au total, plus de 900 personnes pourront participer à ces immersions atypiques en petits groupes et découvrir, le temps de quelques heures, des lieux de recherche extraordinaires et des outils de pointe qui font l’identité de diverses disciplines scientifiques.

Une occasion unique d’éveiller sa curiosité et d’explorer les sciences autrement. Découvrez l’ensemble du programme et candidatez : visitesinsolites.cnrs.fr

Comment participer ?
Les internautes peuvent tenter leur chance du 25 août au 20 septembre 2026 à 23h en répondant à trois questions en lien avec la thématique de la visite choisie. Les lauréats et lauréates seront sélectionnés aléatoirement parmi les personnes ayant répondu correctement afin de constituer des groupes composés de quatre à douze personnes selon les visites.

À propos
Les Visites insolites du CNRS proposent chaque année de découvrir en groupe restreint des lieux de recherche extraordinaires. Depuis leur création en 2020, près de 6 000 personnes ont participé à près de 600 visites organisées avec les laboratoires de recherche sous tutelle du CNRS !
Cet événement s’inscrit dans le cadre de la Fête de la science, organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.
#CNRSinsolite

https://visitesinsolites.cnrs.fr/wp-content/themes/visites-3/assets/CNRS-Visites%20Insolites-V3.mp4

>> Découvrez les lieux et inscrivez-vous !

Classé sous :Océan, Univers Balisé avec :Brève

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