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Le site du CNRS de l’Observatoire de Haute-Provence accueillera en 2028 un télescope de 2,5 mètres de l’ONERA

22 juillet 2026 by osuadmin

Dans un Communiqué de Presse l’ONERA, le centre français de recherches aérospatiales, vient d’annoncer le lancement de la réalisation du projet PROVIDENCE, télescope et plateforme de recherche dédié à la surveillance de l’espace. 

Le CNRS se félicite du lancement de ce projet porté par l’ONERA et des perspectives de collaborations scientifiques qu’il apporte entre les deux établissements. PROVIDENCE s’appuie, pour son implantation, sur le site astronomique d’exception de l’Observatoire de Haute-Provence (OHP), mis à disposition par le CNRS à travers l’Observatoire des Sciences de l’Univers Pythéas (CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/INRAe), dans le cadre d’une convention d’occupation temporaire de site conclue avec l’ONERA pour une durée de 50 ans.

Le projet consiste à remplacer le télescope historique de 1,52 m de l’OHP, en service depuis la fin des années 1960, par un télescope de nouvelle génération de 2,50 m de diamètre, optimisé pour l’imagerie à très haute performance, le tout dans un bâtiment entièrement modernisé. Ce choix permet notamment au projet de pouvoir bénéficier d’infrastructures et de moyens du CNRS déjà existants sur le site de l’OHP et de rationaliser ainsi les coûts de fonctionnement.

Conçu par l’ONERA, en lien étroit avec les équipes techniques de l’Observatoire de Haute-Provence dans le cadre de l’accord de collaboration avec le CNRS, PROVIDENCE est un projet dual dans ses objectifs programmatiques et scientifiques. En effet, PROVIDENCE sera équipé d’optique adaptative pour compenser en temps réel les effets de la turbulence atmosphérique et son télescope conçu spécifiquement pour poursuivre avec précision des objets en mouvement rapide, en orbite basse (LEO) à très basse. Ces caractéristiques particulières, optimisées pour les activités de surveillance de l’espace, font que la plateforme PROVIDENCE sera également parfaitement adaptée à certains domaines clés de la recherche en astrophysique.

La haute résolution angulaire apportée par l’optique adaptative, ainsi que la réactivité et l’agilité du télescope permettront aux équipes de l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU) du CNRS de disposer d’un outil parfait pour l’étude des petits corps du système solaire ou encore le suivi des phénomènes transitoires les plus énergétiques de l’univers tels que les sursauts gamma. Afin de répondre à ces objectifs scientifiques, le spectro-imageur MISTRAL, aujourd’hui installé au télescope T193 de l’OHP, sera le premier instrument astrophysique à être accueilli dès 2028 sur la plateforme PROVIDENCE. Dotée de foyers Cassegrain, Nasmyth et Coudé, PROVIDENCE pourra accueillir jusqu’à sept instruments simultanément, offrant ainsi la possibilité d’y développer une instrumentation optique de pointe pour des domaines variés depuis l’astrophysique jusqu’aux communications optiques spatiales sécurisées. A terme, la présence d’une fonctionnalité laser (étoile-laser guide pour l’optique adaptative) permettra notamment d’y développer de nouveaux concepts instrumentaux pour l’étude de l’atmosphère.

La modernisation du bâtiment d’accueil est prévue pour être livrée à l’été 2028. L’installation du télescope est programmée à l’automne de la même année afin de permettre au dispositif complet d’être au rendez-vous du passage d’APOPHIS le 13 avril 2029. Cet astéroïde géocroiseur, d’environ 300 mètres de long, passera à moins de 32 000 km de la Terre dans une configuration observable, à son périgée, depuis l’Europe et l’Afrique uniquement. PROVIDENCE figurera parmi les plus puissants télescopes au sol en mesure de suivre cet événement, permettant ainsi aux chercheurs impliqués d’avoir accès à des données sol de très haute qualité en complément des données obtenues par les sondes spatiales.

Le projet PROVIDENCE initié, porté et piloté par l’ONERA et accueilli par le CNRS sur son site de l’Observatoire de Haute-Provence est conçu comme une plateforme de recherche ouverte, ayant vocation à accueillir des partenaires académiques, startups et PME, industriels et institutionnels français et européens.

À propos de l’Observatoire de Haute-Provence – OHP

Fondé en 1937 par le CNRS, l’OHP est un site d’observations pluridisciplinaires de l’Observatoire des Sciences de l’Univers Pythéas (CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/INRAe). Il abrite et opère différents Services Nationaux d’Observation de l’Institut National des Sciences de l’Univers du CNRS (INSU), dans les domaines Astrophysique et Atmosphère. Site d’exception de 98ha, l’OHP accueille également des Infrastructures de Recherche de l’Institut National Ecologie et Environnement du CNRS (INEE) destinées notamment à l’étude de la forêt et du changement climatique.

À propos du FEDER en Région Sud

L’Europe s’engage en Région Sud à travers le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), dans le cadre du programme Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et Massif des Alpes / FEDER-FSE+-FTJ 2021-2027, pour accompagner les projets contribuant au développement économique, scientifique et technologique du territoire. Le montant total de l’aide FEDER accordé par la Région Sud pour le projet PROVIDENCE s’élève à 8 676 566 € sur une assiette éligible de 14 460 944 €.

Classé sous :Univers Balisé avec :Communiqué de presse

Le télescope spatial Euclid capture une image du cœur de la Voie lactée, peuplé de plus de 60 millions d’étoiles

25 juin 2026 by osuadmin

Euclid révèle le cœur de la Voie lactée et révolutionne la chasse aux exoplanètes 

En 26 heures seulement, le télescope Euclid de l’ESA a capturé l’image la plus détaillée jamais obtenue du bulbe galactique en lumière visible. Il a couvert une zone 270 fois plus grande que le champ de vision de Hubble. Avec plus de 60 millions d’étoiles, des nébuleuses et des amas stellaire, cette mosaïque offre une précision inégalée, révélant même des étoiles trop faibles pour être détectées depuis la Terre. 

Une avancée majeure pour la détection d’exoplanètes 

Grâce à l’effet de microlentille gravitationnelle – une technique qui exploite l’alignement aléatoire d’étoiles et l’amplification de leur lumière – Euclid permet de caractériser des exoplanètes, en particulier les planètes froides, souvent invisibles des autres méthodes. L’image montre déjà 51 systèmes planétaires confirmés, et permettra l’analyse de centaines d’autres. 

Des découvertes emblématiques 

Parmi elles, une planète glacée comparable à Hoth (Star Wars), dont la masse pourra être mesurée avec une plus grande précision. Un autre système, constitué de deux étoiles et d’une planète, voit sa masse confirmée. Et ce n’est qu’un début. 

Un héritage scientifique durable 

Ces observations serviront de référence temporelle pour les futures missions, comme le télescope spatial Roman de la NASA. Elles permettront aussi d’étudier les naines brunes, étoiles binaires, mouvements stellaires et la poussière interstellaire. 

À propos de la mission Euclid 

Lancé en juillet 2023, Euclid a entamé ses observations scientifiques le 14 février 2024. Sa mission est de dévoiler l’influence invisible de la matière noire et de l’énergie sombre sur l’Univers observable. Pendant six ans, il cartographiera les formes, distances et mouvements de milliards de galaxies, jusqu’à 10 milliards d’années-lumière. Euclid est une mission européenne, développée et opérée par l’ESA, avec des contributions de la NASA. Le consortium Euclid, qui regroupe plus de 2 000 scientifiques issus de 300 instituts dont l’INSU.

Classé sous :Univers Balisé avec :Résultat scientifique

Un système d’au moins six exoplanètes révélé après dix ans d’observations

23 juin 2026 by osuadmin

Marseille, le 23 juin – Une équipe internationale menée par Salomé Grouffal du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (Université d’Aix-Marseille/CNES/CNRS) et de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (CNRS/Université Grenoble Alpes) a étudié pendant dix ans un système planétaire exceptionnel comportant au moins six planètes à longues périodes orbitales, la plus externe atteignant l’orbite de Mars. Un tel système, rare, offre une nouvelle fenêtre pour comprendre la diversité des systèmes planétaires.
Les planètes du système HIP 41378 passent devant leur étoile1 imposant un alignement presque parfait avec la Terre. Or, seul un système comme HIP 41378 sur 200 est dans cette configuration, et la plupart des planètes en transit connues sont donc très proches de leur étoile. HIP 41378 est donc essentiel pour étudier les planètes dans un environnement comparable à celui système solaire.

Découvert en 2015 par le télescope Kepler, HIP 41378 comptait déjà cinq planètes, mais leur nature et leurs orbites restaient mal connues. La compréhension de ce système a nécessité une décennie d’observations avec des instruments majoritairement au Chili2, qui ont mesuré les variations des vitesses de l’étoile sous l’influence des planètes3. Ces signaux, plus faibles que la vitesse d’un piéton, ont joué à cache-cache avec les astronomes.

HIP 41378 devient ainsi l’un des premiers systèmes multiples où des planètes à longue période sont bien caractérisées. Il se compose de trois planètes internes plus petites que Neptune et de trois planètes externes, peu denses et pouvant atteindre la taille de Saturne. Une septième planète, plus éloignée, reste à confirmer.

La planète externe HIP 41378 f est intrigante: sa densité extrêmement faible défie les modèles de formation planétaire. Serait-elle entourée d’anneaux géants ou de nuages opaques étendus ? De futures observations sont nécessaires pour en élucider l’origine.

Ce système constitue un laboratoire précieux pour la planétologie comparée et ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre la formation et la diversité des systèmes planétaires.

 

A propos d’Aix Marseille Université

Première université francophone avec 82 000 étudiants et 8 000 personnels, Aix Marseille Université (amU) délivre plus de 1 000 diplômes au sein de ses 17 facultés, écoles et instituts de formation. Ses 54 sites, implantés sur 4 départements et 10 villes, constituent un atout considérable pour le développement économique du territoire. Université de recherche intensive, labélisée Initiative d’Excellence, amU abrite 121 structures de recherche, 12 écoles doctorales et 21 instituts d’établissement interdisciplinaires. Université socialement engagée, elle agit en faveur de la diversité, de l’inclusion et de la lutte contre la précarité. Dans un monde en constante évolution, elle s’investit pleinement dans sa mission : accompagner les réussites collectives et individuelles qui participent au progrès de la société.

A propos du CNRS
Acteur majeur de la recherche fondamentale à l’échelle mondiale, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) est le seul organisme français actif dans tous les domaines scientifiques. Sa position singulière de multi-spécialiste lui permet d’associer les différentes disciplines scientifiques pour éclairer et appréhender les défis du monde contemporain, en lien avec les acteurs publics et socio-économiques. Ensemble, les sciences se mettent au service d’un progrès durable qui bénéficie à toute la société.

1. Méthode des transits.
2. Grâce aux spectrographes HARPS et ESPRESSO au Chili, HARPS-N en Espagne et HIRES à Hawaii.
3. Méthode des vitesses radiales.

Classé sous :Univers Balisé avec :Communiqué de presse

PLATO prêt pour l’espace : tests environnementaux réussis !

19 mai 2026 by osuadmin

Le satellite PLATO a complété avec succès ses tests de simulation des conditions spatiales. Avec cette étape clé franchie, le satellite est désormais prêt à entrer dans sa phase finale de préparation en vue de son lancement début 2027, avec pour objectif la recherche de nouvelles exoplanètes et la caractérisation stellaire.

PLATO vient de sortir du Large Space Simulator de l’ESA, la plus grande chambre à vide d’Europe, où les ingénieurs ont testé sa résistance aux conditions qu’il devra affronter dans l’espace, tests qu’il a passés avec succès. Pour toute mission spatiale, « tester en conditions représentatives » est primordial. Avant de lancer tout instrument, il est essentiel de vérifier toutes ses fonctionnalités dans les mêmes conditions que celles qu’il rencontrera en orbite.

Comment se déroulent ces tests ?

Une fois les portes de la chambre à vide scellées, début mars, de puissantes pompes ont aspiré l’air de l’enceinte, créant un vide près d’un milliard de fois plus faible que la pression atmosphérique terrestre. Parallèlement, de l’azote liquide a circulé dans les parois afin de reproduire le froid intense de l’espace. En complément, un réseau d’éléments chauffants a été activé pour imiter la chaleur du Soleil frappant les panneaux solaires et le bouclier thermique de PLATO.

Voir la vidéo de PLATO entrant dans la chambre à vide.

Le test crucial pour PLATO : celui de ces 26 caméras ultrasensibles

L’objectif principal de PLATO est de détecter des exoplanètes, semblables à la Terre, en orbite autour d’étoiles brillantes comparables au Soleil. Pour cela, les performances des 26 caméras ultrasensibles de PLATO sont essentielles.

Ces caméras doivent mesurer des variations infimes de luminosité lors des transits planétaires. La précision requise est extrême : il s’agit de détecter des diminutions de luminosité de quelques fractions de pourcent. Les tests réalisés dans la chambre à vide ont donc permis de vérifier que l’équipe peut contrôler les caméras et le reste des systèmes du satellite au niveau requis pour détecter de petites planètes.

Des essais spécifiques ont été menés pour évaluer les caméras, notamment leur netteté et leur mise au point, qui est affinée en ajustant la température de leurs tubes optiques. Les ingénieurs ont donc mené une série de tests pour vérifier qu’il était possible de maintenir la mise au point optimale des caméras en contrôlant leurs températures avec une très grande précision.

Test en environnement chaud et froid

L’ensemble du satellite PLATO a ensuite été soumis à des conditions encore plus extrêmes que celles attendues en orbite, afin de tester son fonctionnement dans des conditions spatiales nominales, ainsi que dans des conditions difficiles.

Lors de la phase chaude, tous les systèmes du satellite ont été poussés à pleine puissance, tandis que le côté des panneaux solaires s’est réchauffé jusqu’à 150°C. Dans le même temps, les caméras, orientées vers la zone froide et protégées par le bouclier thermique, ont été maintenues entre -70 et -90°C.

Lors de la phase froide, la température a été abaissée sur l’ensemble du satellite. Les éléments chauffants ont dû être mis en marche pour empêcher les caméras de devenir trop froides, garantissant ainsi leur bon fonctionnement.

Et maintenant ?

Si les essais en environnement simulant les conditions spatiales sont désormais terminés, l’analyse des données recueillies pendant ces tests se poursuivra au cours des prochains mois. Les ingénieurs et scientifiques vont étudier en détail les informations recueillies pour en savoir plus sur le comportement du satellite et les performances détaillées de ses instruments.

Ces résultats permettront d’affiner les modèles thermiques et instrumentaux, qui seront essentiels pour prédire en détail les réactions des caméras une fois que PLATO sera en vol, début 2027.

Classé sous :Univers Balisé avec :Vie des labos

Les éléments à l’origine de la vie ont-ils influencés la formation des lunes Galiléennes ?

14 avril 2026 by osuadmin

La composition des lunes glacées de Jupiter fait l’objet de nombreuses recherches, notamment en raison des hypothèses concernant leur habitabilité. La présence d’océans liquides sous leur surface constitue un critère majeur dans la recherche de vie extraterrestre. Dans ce contexte, l’étude des molécules organiques complexes (COMs), composées de plus de six atomes incluant carbone, oxygène et azote, et considérées comme des briques de la chimie prébiotique, est essentielle. Déjà détectées dans le Système solaire, notamment sur Encelade, elles pourraient aussi être observées sur les lunes galiléennes par les missions JUICE et Europa Clipper.

Une équipe internationale dans laquelle des scientifiques du CNRS Terre & Univers sont impliqués, a récemment montré que des COMs ont pu participer à la formation des lunes glacées de Jupiter. Les chercheurs ont développé des modèles avancés décrivant l’évolution de la nébuleuse protosolaire et du disque circumplanétaire autour de Jupiter, auxquels ils ont couplé un modèle de transport des grains de poussière. Cette approche leur a permis de quantifier précisément l’irradiation UV et le chauffage subis par des grains recouverts de glaces de méthanol ou de mélanges CO₂–NH₃, conditions connues expérimentalement pour favoriser la formation de COMs.

En confrontant les résultats de leurs simulations aux données expérimentales, ils montrent que ces molécules peuvent se former à la fois dans la PSN et dans le disque circumjovien, et qu’une fraction significative d’entre elles a pu être incorporée lors de la formation des lunes galiléennes. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur l’habitabilité des lunes glacées de Jupiter, déjà considérées comme des environnements favorables à l’émergence de la vie.

Transport des particules dans une coupe bidimensionnelle d’un disque protoplanétaire. Le rayonnement UV interstellaire pénètre perpendiculairement au disque : les couches superficielles sont fortement irradiées, tandis que le plan médian reste opaque aux UV. Les grains de poussière migrent simultanément dans les directions radiale et verticale, traversant ainsi des régions soumises à des niveaux d’irradiation contrastés selon leur trajectoire. Un mécanisme analogue opère dans le disque circumjovien.
Transport des particules dans une coupe bidimensionnelle d’un disque protoplanétaire. Le rayonnement UV interstellaire pénètre perpendiculairement au disque : les couches superficielles sont fortement irradiées, tandis que le plan médian reste opaque aux UV. Les grains de poussière migrent simultanément dans les directions radiale et verticale, traversant ainsi des régions soumises à des niveaux d’irradiation contrastés selon leur trajectoire. Un mécanisme analogue opère dans le disque circumjovien.

Classé sous :Univers Balisé avec :Résultat scientifique

Déformation de l’anneau de plasma autour de Jupiter

7 avril 2026 by osuadmin

Mesurer la déformation de l’anneau de plasma autour de Jupiter

Io, satellite naturel de Jupiter, est l’objet le plus volcanique du Système solaire. Son intense activité libère d’importantes quantités de gaz qui s’échappent dans l’espace. Ces gaz ionisés forment, le long de son orbite, un anneau dense de plasma appelé « tore de plasma ».

Ce tore joue un rôle central dans de nombreux processus physiques au sein de l’environnement magnétique de Jupiter, appelé magnétosphère. Il influence également l’environnement des lunes voisines, notamment Europe et Ganymède. Comprendre sa structure spatiale constitue donc un enjeu majeur pour l’étude du système jovien dans sa globalité.

En raison de sa rotation rapide, le tore devrait théoriquement présenter une forme circulaire. Toutefois, la présence d’un champ électrique dans l’environnement proche de Jupiter exerce des forces qui le déforment. Jusqu’à présent, les observations réalisées depuis la Terre avaient permis d’en estimer l’amplitude, sans pouvoir déterminer avec certitude la direction réelle de cette distorsion, la géométrie Terre-Jupiter ne donnant accès qu’à une portion de l’anneau.

Une approche inédite grâce à la sonde Juno

Afin de lever ces limitations, l’équipe a exploité des images ultraviolettes acquises entre 2016 et 2022 par l’instrument UVS de la mission Juno, en orbite autour de Jupiter (voir Figure 2).

Les chercheurs ont mesuré avec précision une émission aurorale de Jupiter spécifique, directement liée à l’interaction entre Io et la géante de gas. Cette « empreinte aurorale » est produite lorsque les ondes électromagnétiques, générées par l’interaction entre Io et le tore de plasma, se propagent le long des lignes de champ magnétique de Jupiter, provoquant des signatures lumineuses dans son atmosphère.

La position de cette empreinte dépend des caractéristiques physiques de l’anneau de plasma. Les scientifiques ont donc simulé numériquement ces signatures à partir des données de Juno afin de déterminer la structure du tore la plus compatible avec les observations.

Une déformation caractérisée pour la première fois

Grâce à la trajectoire orbitale de Juno, les observations ont couvert l’anneau de plasma sur 360°, permettant de déterminer sans ambiguïté l’orientation réelle de la distorsion, ce qui était impossible depuis la Terre. Les résultats confirment que le champ électrique responsable de la déformation agit dans cette même direction, et suggère que celui-ci varie en fonction du temps.

Le tore de plasma influence de nombreux phénomènes physiques dans l’environnement jovien. Disposer d’une méthode fiable pour mesurer sa structure constitue donc une avancée scientifique majeure. La technique développée permet désormais de caractériser finement les interactions entre plasma et satellites.

Au-delà de Io, cette approche pourra être appliquée à l’étude des environnements plasma d’Europe et de Ganymède, afin de mieux comprendre comment leurs atmosphères ténues et leurs surfaces glacées sont façonnées par ces interactions électromagnétiques.

Le croisement de ces résultats avec les observations du satellite japonais HISAKI devrait, à terme, révéler les variations dynamiques détaillées du tore de plasma. Il permettra également de préparer la phase d’exploitation scientifique de la mission européenne JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer), dont l’arrivée dans le système jovien est prévue en 2031.

Figure 2: Gauche: vue du pole sud de Jupiter et de ses aurores ultraviolettes (crédits: Bonfond/Uliège/SwRI/NASA). Droite: Observations dans l’ultraviolet faites par la mission Juno, et montrant l’empreinte aurorale de Io.
Figure 2: Gauche: vue du pole sud de Jupiter et de ses aurores ultraviolettes (crédits: Bonfond/Uliège/SwRI/NASA). Droite: Observations dans l’ultraviolet faites par la mission Juno, et montrant l’empreinte aurorale de Io (crédits: NASA/SwRI/Satoh).

Classé sous :Univers Balisé avec :Communiqué de presse

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