Amusez-vous à tester vos connaissances sur les pollinisateurs avec la cocotte issue de notre exposition Entomogamie, une histoire d’amour qui tourne mal. Un print and play à fabriquer vous-même pour apprendre en s’amusant !
Biodiversité
Les échos-logiques | L’écologie scientifique nous éloigne-t-elle de la biodiversité ? (24/24)
Les Échos-logiques est une série de podcasts questionnant les relations Homme-société-environnement. Quel regard portent les écologues sur ces relations qu’ils étudient au quotidien ? Au fil des épisodes, découvrons quatre points de vue critiques sur notre rapport à la nature et nos façons de la “gérer”. Alors que les changements globaux nous imposent de les repenser, tendons l’oreille pour capter leurs échos … logiques !
Cette série vous est proposée par l’OSU Institut Pythéas (AMU, CNRS, IRD) et l’Institut Méditerranéen pour la Transition Environnementale (ITEM) d’AMU, avec quatre écologues de l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (IMBE) : Thierry Dutoit, Thierry Gauquelin, Thierry Perez et Thierry Tatoni.
Dans les discours écologistes actuels, on utilise le terme biodiversité à toute les sauces. De même, on demande à l’écologie scientifique de nous fournir des indicateurs fiables de cette biodiversité, éléments indispensables pour évaluer l’état des écosystèmes, faire des modèles de prévision, hiérarchiser les services écosystémiques… etc. Mais par “biodiversité”, sait-on vraiment de quoi on parle ? A quel point nos indicateurs sont-ils représentatifs de la biodiversité, permettent-ils vraiment d’en apprécier la complexité ?
Avec cette vision de l’écologie, on perd alors le fondamental : observer et décrire la diversité du vivant qu’on ne connaît toujours que très peu…
Avec Thierry Perez – Écologue à l’IMBE, spécialiste des milieux marins
Thierry Perez est directeur de recherches au CNRS au sein de l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (IMBE) sur le site de la Station Marine d’Endoume. Il tient sa passion pour l’océan et pour la vie sur des bateaux d’un grand père marin pêcheur. Océanographe biologiste marin, il est spécialiste des éponges, des animaux dont il a décrit une quarantaine d’espèces nouvelles. Il pratique la plongée professionnelle depuis plus 25 ans afin de lier ses recherches à l’observation de la réalité sous-marine. II organise et dirige des formations et des expéditions naturalistes aux quatre coins de la planète.
Immersciences | Etudier et comprendre les vertus thérapeutiques des éponges (7/7)
« Immersciences » est une véritable immersion au cœur des univers de recherche des équipes scientifiques des laboratoires de l’OSU Institut Pythéas (CNRS, AMU, IRD, INRAE), du fond des océans aux confins de l’Univers.
Les scientifiques interviewés y parlent de leurs découvertes, de leurs projets, des instruments qu’ils utilisent et parfois qu’ils conçoivent pour mener à bien leur recherche. A travers leurs propos, c’est parfois un voyage dans le temps qui nous est offert et nous permet de comprendre comment au fil du temps une aventure scientifique se construit. Parfois aussi, ils nous confient quelques anecdotes.
Des temps d’écoute « croustillants » qui vous immergent au cœur de la science en toute simplicité et vous font aussi rêver…
Et si nous nous penchions sur certaines études menées à Marseille sur les vertus thérapeutiques des éponges. A l’IMBE une équipe de chercheurs est spécialisée dans l’observation et l’étude de ces animaux marins. Tout le monde connaît les éponges de bain … mais quels sont leurs pouvoirs « cachés » ? Quels sont les enjeux des recherches de Marie Grenier ? Comment s’organise la collecte et la conservation des échantillons lui permettant de mener à bien ses recherches ? … Envie d’en savoir plus ?
Avec Marie Grenier, doctorante à l’IMBE – OSU Pythéas / CNRS, AMU, IRD, INRAE – et Thierry Perez, directeur de recherche CNRS à l’IMBE – OSU Pythéas / CNRS, AMU, IRD, INRAE.
Journées Annuelles CEBA 2023 – Edward ANTHONY – Sedimentary dynamics in the Amazon and in mangroves
Vidéo en anglais.
Les Journées Annuelles 2023 du Laboratoire d’Excellence CEBA (Centre d’étude de la biodiversité amazonienne) se sont tenues les 11 et 12 octobre 2023 à l’Université de Guyane, à Cayenne. A cette occasion, plus de 150 personnes se sont rassemblées pour assister aux conférences sur la thématique « Amazonian biodiversity and ecosystems in a changing world ».
Les chroniques du temps | Vivre vieux, l’exemple des arbres
Transcription
L’espérance de vie de nos compatriotes, diminuée ou non par la pandémie, est aujourd’hui au cœur des discussions. Elle renvoie cependant à la question de la longévité, inscrite dans leur patrimoine génétique, des espèces animales ou végétales, en tentant d’en percer les secrets.
Ainsi chez les animaux l’attention s’est notamment portée sur les protées, ces étranges et fascinants amphibiens cavernicoles, pesant une vingtaine de grammes et capables de vivre jusqu’à une centaine d’années, aussi longtemps qu’un éléphant.
Mais ce sont aussi vers les arbres qu’il faut se tourner. Parmi ceux-ci, les fameux Pins aristés de Californie détiennent les records d’âge, avec des individus vivants de 4500 voire 5000 ans, contemporains donc des pyramides d’Egypte.
Ces pins, pour les américains ces GBBP, Great Basin Bristelcone Pines, de l’espèce Pinus longaeva, s’épanouissent entre 3000 et 3800 m d‘altitude sur les sommets arides balayés par le vent des White Mountains, marquées par à la fois le froid hivernal intense et la sécheresse estivale. C’est le célèbre Dr. E. Schulman, qui en 1957, compta 4600 cernes – les anneaux de croissance – annuels sur l’un des pins de ces montagnes, créant la sensation en identifiant le plus vieil arbre vivant de notre planète, le bien nommé Mathusalem. Ceci mit aussi en lumière l’intérêt de la dendrochronologie basée sur l’étude de ces cernes, véritables pages d’histoire permettant ainsi une reconstitution du climat depuis près de 8000 ans. Cependant, un autre Pin aristé, surnommé Prometheus, cette fois natif des montagnes du Nevada, plus à l’Est, a été crédité de plus de 5000 ans d’âge… mais il en est mort. En effet, en 1964, dans le cadre d’une étude sur le petit âge glaciaire, un jeune étudiant, Donald Currey, repère cet arbre déjà connu des spécialistes et l’abat pour pouvoir facilement compter les cernes sur la section du tronc. Le record d’âge tombe en même temps que l’arbre disparaît ! Et Mathusalem reste le plus vieil arbre vivant !
Nul besoin d’ailleurs de voir ce vénérable Mathusalem, pas plus impressionnant que les autres, pour apprécier ce paysage grandiose des White Mountains. Des arbres tortueux, aux troncs torsadés et complexes, où l’écorce décapée par des siècles de blizzard a laissé la place aux veinures d’un bois hésitant entre le noir, le jaune et le blanc. Des arbres timides, adeptes de distanciation sociale, espacés régulièrement entre des plages de cailloux dolomitiques, certains vigoureux et verts, d’autres n’ayant à grand peine conservé que quelques rameaux couverts de courtes aiguilles et d’autres encore, morts, fantômes ou candélabres, imputrescibles gardiens séculaires d’un espace hors du temps.
Mais comment vivre si vieux surtout quand l’environnement est hostile ?
La stratégie repose sur 3 règles, sublimées par le Pin aristé : éviter la concurrence, s’économiser et s’accommoder.
Eviter la concurrence, c’est tout d’abord éviter celle d’autres espèces d’arbres. Ces pins sont ainsi les seuls à pouvoir se développer sur ces sols dolomitiques squelettiques pauvres en nutriments. Mais il faut aussi limiter la concurrence des congénères. Les pins sont suffisamment espacés les uns des autres pour ne pas se faire d’ombre au sens propre comme figuré. Le réseau racinaire de chacun des individus explore un cercle de sol autour de l’arbre qui n’empiétera pas sur celui du voisin. Autre avantage à cette distance presque réglementaire, un feu provoqué par la foudre atteignant un des arbres ne se propagera pas à l’ensemble du peuplement, et ce, d’autant plus que la végétation basse entre les arbres est assez éparse. Reste cependant la concurrence des insectes, champignons, bactéries, s’attaquant à l’appareil végétatif et reproducteur. Ces pins produisent des quantités importantes de métabolites dit spécialisés, des terpènes, des phénols, des cires, des résines qui sont autant de substances antibiotiques qui vont limiter voire interdire le développement de tous ces parasites ou xylophages.
Quand vous n’avez pas de concurrence, vous n’avez pas besoin de pousser plus vite que les autres et l’on peut donc s’économiser, deuxième règle d’or. Le Pin aristé, qui n’atteint jamais des hauteurs importantes est l’une des essences arborées dont la croissance est la plus lente ! Du coup nul besoin d’avoir des aiguilles réalisant une photosynthèse ultra performante. Le Pin aristé conserve ces aiguilles beaucoup plus longtemps que les autres espèces de pins ; elles peuvent rester sur l’arbre pendant 20 à 30 ans, alors que les autres pins changent leurs aiguilles tous les deux ou trois ans. Bien sûr ces très vieilles aiguilles, couvertes de poussières, attaquées par l’ozone, le gel et les rayons du soleil, seront certes beaucoup moins performantes que des neuves mais cette énergie que l’arbre n’a pas mis dans la fabrication de nouvelles feuilles, il peut l’investir dans le métabolisme spécialisé.
S’économiser c’est enfin limiter sa production de cônes et de graines. Quand on a le millénaire devant soi, se reproduire tous les ans est inutile. Une ou deux fenêtres de régénération durant un siècle sont sans doute suffisantes pour assurer un renouvellement de la population.
Enfin, il faut pouvoir réagir face à des perturbations, s’en accommoder, car des événements fortuits ne manqueront pas d’arriver durant les 4 000 ans d’une vie qui ne sera pas un long fleuve tranquille. La sectorisation de l’appareil conducteur, que l’on retrouve chez les très vieux genévriers des falaises des gorges de l’Ardèche ou du Verdon, permet de survivre suite à une destruction partielle de l’arbre qui n’a préservée qu’une partie très réduite des tissus conduisant la sève.
Ces arbres millénaires peuvent-ils inspirer l’humain ? Dans nos sociétés modernes, la frugalité, la répartition harmonieuse de l’espace et l’absence de concurrence ne sont malheureusement pas de mise. Et puis, l’espèce humaine n’a pas des dizaines de millions d’années d’évolution qui ont forgé la longévité de ces pins !
Fleurs de bitume, un film en collaboration avec Valérie Bertaudière-Montes – LPED
Accentuée par le réchauffement climatique, la sécheresse va obliger les plantes urbaines à s’adapter. Quelles sont celles qui survivront au stress hydrique ? Une enquête menée par les tous jeunes reporters de TV Nature.
Film collectif avec des enfants de l’école Parc Bellevue (Marseille) et leur enseignante Aline Boulet, sous la direction artistique de Camille Goujon ; avec l’accompagnement scientifique de Valérie Bertaudière-Montes, enseignante-chercheuse en écologie végétale au Laboratoire Population Environnement Développement (LPED / AMU – IRD), et de Cathy Provost, responsable du Relais-Nature St Joseph dans le cadre d’un atelier cinéma en partenariat avec l’Association Polly Maggoo.
Partenaires financiers : Ville de Marseille, direction de l’environnement et du cadre de vie.
