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Les secrets des textiles anciens révélés par les baies de nerprun

10 février 2026 by osuadmin

Dans cet article, publié dans la revue Dyes and Pigments, Marine Chambaud, Lindsay Mas-Normand, Céline Joliot, Carole Mathe De Souza, Olivier Dangles et Gérald Culioli (équipe EECAR-IMBE) se sont intéressés à l’évolution des couleurs de tissus en coton teints avec des baies de nerprun et soumis à un vieillissement lumineux accéléré, simulant jusqu’à 300 ans d’exposition à la lumière de musée. L’objectif était d’observer à la fois l’évolution de leur couleur et la transformation chimique des colorants naturels.

Les observations réalisées montrent que la couleur des tissus teints s’estompe très rapidement. Après l’équivalent de 300 ans d’exposition à la lumière, les tissus teints apparaissent totalement blancs, signe d’une dégradation complète des colorants naturels.

Cependant, grâce à une approche innovante de métabolomique par LC-MS, les chercheurs ont pu détecter et identifier de nombreuses molécules issues de la plante tinctoriale, et ce même lorsque la couleur avait visuellement disparu. Ces résultats montrent que des traces de colorants naturels, tels que des flavonoïdes et des anthraquinones, persistent dans les fibres et peuvent encore être révélées par des techniques analytiques avancées.

Cette étude met en évidence le potentiel de la métabolomique pour mieux identifier les colorants dans les textiles anciens, contribuant ainsi à une meilleure conservation du patrimoine et à une amélioration de notre connaissance des savoir-faire traditionnels.

Classé sous :Écologie, Environnement Balisé avec :Communiqué de presse

Quand les paysages et l’altitude façonnent l’équilibre des oiseaux migrateurs et sédentaires

17 janvier 2026 by osuadmin

Une nouvelle étude, publiée dans Journal of Biogeography, révèle que la réponse se trouve dans l’interaction entre l’altitude, la structure du paysage et la richesse en espèces.

En analysant les communautés d’oiseaux nicheurs le long d’un gradient altitudinal de 4000 mètres dans le Sud-Est de la France, Charlotte Rault (bénéficiant d’une bourse doctorale de la région Sud-PACA), Yoann Le Bagousse-Pinguet, Agathe Leriche et Alexandre Millon (Equipe POPCO-IMBE), en collaboration avec Amine Flitti et Catherine Godefroid de la LPO PACA, montrent que l’équilibre entre migrateurs et sédentaires repose sur des interactions complexes entre facteurs environnementaux et écologiques.

  • La communauté régionale est composée de 225 espèces nicheuses, dont 34% de migratrices au long cours.
  • À basse altitude, des paysages moins diversifiés favorisent la présence d’espèces migratrices.
  • La forêt joue un rôle contrasté : elle réduit la proportion de migrateurs en plaine, mais l’augmente en altitude.
  • Fait intéressant, les communautés les plus riches en espèces — au-delà d’~117 espèces, notamment aux basses altitudes — accueillent davantage de migrateurs qu’attendu. Le décalage phénologique des espèces migratrices avec les espèces sédentaires pourrait réduire la compétition pour les ressources et permettre ainsi une richesse spécifique plus élevée.

Ces résultats mettent en lumière la complexité des mécanismes qui structurent les communautés d’oiseaux et soulignent l’importance de considérer conjointement altitude, paysages et biodiversité. Ils apportent des clés précieuses pour mieux anticiper les effets des changements environnementaux et orienter les stratégies de conservation dans un contexte de transformation rapide des territoires.

Classé sous :Biodiversité, Écologie Balisé avec :Résultat scientifique

Viticulture et santé des sols : vers des alternatives au cuivre ?

2 février 2026 by osuadmin

Une étude récente de Flor Regus, Céline Pelosi, Rayhane Hamrouni, Isabelle Laffont Schwob, Nawal Rochdi, Pascale Prudent, Lisa Foli, Yoan Labrousse et Anne-Marie Farnet Da Silva, publiée dans Biological Agriculture & Horticulture, explore une alternative prometteuse : le biocontrôle à base de Trichoderma asperellum, un micro-organisme capable de produire des composés antifongiques.

Les auteurs ont comparé les effets sur un sol viticole du sulfate de cuivre, d’un cocktail de biocontrôle, et de leur combinaison, en suivant pendant 30 jours l’activité microbienne du sol et certains marqueurs du ver de terre Aporrectodea caliginosa (biomasse, reproduction).

Les résultats montrent que le biocontrôle n’a aucun effet délétère et peut même stimuler l’activité microbienne et la croissance des vers de terre. À l’inverse, le sulfate de cuivre réduit la biomasse microbienne et affecte la reproduction des vers de terre.

Les solutions de biocontrôle pourraient ainsi représenter une voie prometteuse pour concilier protection des cultures et santé des sols.

Classé sous :Biodiversité, Écologie Balisé avec :Résultat scientifique

Nicolas Roche élu à l’Académie des technologies

16 mars 2026 by osuadmin

Professeur à Aix-Marseille Université et chercheur au CEREGE et à l’ITEM, il développe des procédés innovants pour le traitement de l’eau et des déchets, la valorisation des ressources et la gestion durable des milieux. Ses travaux mêlent expérimentation, modélisation et collaboration avec le monde socio-économique, et il contribue activement à la formation des étudiants et chercheurs.

Il rejoindra officiellement les nouveaux académiciens lors d’une cérémonie à la Sorbonne en mars 2026.

Classé sous :Terre Balisé avec :Distinction

Le printemps des sciences des technopôles

16 mars 2026 by osuadmin

Une journée scientifique d’immersion au cœur des technopôles

Fort du succès de ses trois premières éditions, le Cerege (Centre Européen de Recherche et d’Enseignement en Géosciences de l’Environnement) et l’association Les Petits Débrouillards proposent une 4e édition du Printemps des Sciences des Technopôles.

Lors de cet événement qui vise à rapprocher la science des jeunes générations, des collégiens et des lycéens de toute la région seront attendus pour une journée scientifique d’immersion au cœur des technopôles d’Aix-Marseille, sur 2 sites distincts : le plateau de l’Arbois et le site de Château Gombert.

Programme

Au programme de cette 4ème édition :

Des visites de laboratoires :

  • A l’Arbois, le CEREGE, l’IMBE (Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale) et le LCE (Laboratoire de Chimie de l’Environnement).
  • A Château Gombert, le LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille), le LMA (Laboratoire de Mécanique Acoustique), l’IRPHE (Institut de Recherche sur les Phénomènes Hors Equilibre) et l’IUSTI (Institut Universitaire des Systèmes Thermiques Industriels)

Un speed dating pour des échanges sur les métiers de sciences et de l’innovation avec des chercheurs, enseignants-chercheurs, techniciens, ingénieurs, gestionnaires et personnels des Technopôles.

Classé sous :Environnement, Terre, Univers Balisé avec :Vie des labos

Mesurer l’expansion de l’univers grâce à un feu d’artifice cosmique

16 mars 2026 by osuadmin

Cette supernova est une explosion stellaire superlumineuse, située à 10 milliards d’années-lumière, et bien plus brillante que les supernovas typiques. Elle présente également une autre particularité : la même supernova apparaît cinq fois dans le ciel nocturne, tel un feu d’artifice cosmique, en raison d’un phénomène connu sous le nom de lentille gravitationnelle.

Deux galaxies situées au premier plan courbent la lumière de la supernova lors de son trajet vers la Terre, la contraignant à emprunter des trajectoires différentes. Ces trajectoires ayant des longueurs légèrement différentes, la lumière de chaque copie de la supernova arrive à des moments différents. En mesurant les décalages temporels entre ces copies, les chercheurs peuvent déterminer le taux actuel d’expansion de l’Univers, connu sous le nom de constante de Hubble.

« Détecter un événement aussi rarissime est extrêmement difficile », explique Raoul Cañameras, chercheur postdoctoral au LAM, qui a coordonné les efforts de l’équipe pour identifier les lentilles gravitationnelles. « Une approche particulièrement efficace consiste à identifier d’abord les lentilles gravitationnelles statiques — c’est à dire des alignements de deux galaxies sur la même ligne de visée produisant des images multiples, des arcs, voire des anneaux complets — puis à attendre l’explosion d’une supernova dans la galaxie d’arrière-plan, plus éloignée. »

Pour atteindre cet objectif, l’équipe a analysé plusieurs milliards d’images d’objets astronomiques à l’aide d’algorithmes d’apprentissage profond basés sur des réseaux neuronaux. « Six ans après la fin de ce travail de classification, une supernova a finalement été détectée à l’emplacement d’un arc gravitationnel répertorié dans notre catalogue. Nous l’avons surnommée SN Winny, en référence à sa désignation officielle, SN 2025wny », ajoute Raoul Cañameras.

Animation illustrant l’effet de lentille gravitationnelle exercé par la paire de galaxies au premier plan sur la galaxie hôte de SN Winny. La galaxie hôte est déformée en plusieurs images, qui sont étirées et amplifiées pour former un anneau bleuâtre autour de la lentille. L’explosion de SN Winny elle-même est également simulée, ainsi que l’arrivée sur Terre différée de ses cinq copies. Finalement, l’animation laisse place à une observation réelle de SN Winny, capturée par le Large Binocular Telescope en Arizona / Crédit : Elias Mamuzic / MPA / TUM/

Image haute résolution d’une supernova singulière

L’analyse de ce type de supernovas amplifiées par lentille gravitationnelle dépend de la capacité à déterminer avec exactitude la masse des galaxies faisant office de lentille. Pour mesurer ces masses, l’équipe a obtenu des images avec le Large Binocular Telescope (LBT) en Arizona, aux États-Unis, en utilisant ses deux miroirs de 8,4 mètres de diamètre ainsi qu’un système d’optique adaptative corrigeant le flou atmosphérique. Le résultat est la première image couleur haute résolution de ce système publiée à ce jour.

Le Large Binocular Telescope au Mont Graham, Arizona (États-Unis)
Le Large Binocular Telescope au Mont Graham, Arizona (États-Unis) /Crédit : Dr Christoph Saulder / MPE

Ces observations révèlent la présence de deux galaxies lentilles au premier plan, au centre, et de cinq copies bleutées de la supernova, évoquant l’explosion d’un feu d’artifice. Ce phénomène est assez inhabituel, car les lentilles gravitationnelles d’échelle galactique ne produisent généralement que deux ou quatre copies. À partir des positions de ces cinq copies, Allan Schweinfurth et Leon Ecker, jeunes chercheurs au sein de l’équipe, ont construit le premier modèle de distribution de masse des lentilles.

« Jusqu’à présent, la plupart des supernovas amplifiées par lentille gravitationnelle se trouvaient derrière des amas de galaxies massifs, dont les distributions de masse sont complexes et difficiles à modéliser », explique Allan Schweinfurth. « SN Winny, en revanche, est amplifiée par seulement deux galaxies individuelles qui ont des distributions de lumière et de masse régulières. La simplicité globale du système offre une opportunité passionnante de mesurer le taux d’expansion de l’Univers avec une grande précision. » 

Deux méthodes, deux résultats très différents

Jusqu’à présent, les scientifiques se sont principalement appuyés sur deux méthodes pour mesurer la constante de Hubble, mais ces méthodes donnent des résultats contradictoires. Ce paradoxe est connu sous le nom de tension de Hubble.

La première est la méthode locale, qui mesure les distances aux galaxies étape par étape, un peu comme on gravit une échelle, où chaque barreau dépend du précédent; d’où son nom d’« échelle des distances cosmiques ». Cette méthode consiste à utiliser des objets dont la luminosité est bien connue pour estimer les distances, puis à comparer ces distances à la vitesse d’éloignement des galaxies. Comme cette méthode comporte de nombreuses étapes de calibration, même de petites erreurs peuvent s’accumuler et influencer le résultat final.

La seconde méthode remonte beaucoup plus loin dans le temps. Elle consiste à étudier le fond diffus cosmologique, la faible lueur résiduelle du Big Bang, puis à utiliser des modèles de l’Univers primordial pour calculer le taux d’expansion actuel. Cette approche est très précise, mais elle repose sur des hypothèses concernant l’évolution de l’Univers, et ces hypothèses font encore l’objet de débats.

Une nouvelle approche, en une seule étape

Une troisième méthode, indépendante, entre désormais en jeu : l’utilisation d’une supernova amplifiée par lentille gravitationnelle. Sherry Suyu, professeure associée de cosmologie observationnelle à la Technical University of Munich (TUM) et chercheuse au Max Planck Institute for Astrophysics, explique qu’en mesurant les décalages temporels entre les multiples copies de la supernova et en connaissant la distribution de masse des galaxies lentilles, il est possible de calculer directement la constante de Hubble.

« Contrairement à l’échelle des distances cosmiques, il s’agit d’une méthode en une seule étape, avec des sources d’incertitudes systématiques moins nombreuses et totalement différentes », souligne Stefan Taubenberger, premier auteur de l’étude spectroscopique. Seules quelques mesures de ce type ont été tentées à ce jour.

Des chercheurs du LAM, dont Raoul Cañameras, Stéphane Basa et Benjamin Schneider, contribuent actuellement aux observations de suivi indispensables à la finalisation de l’analyse. Une priorité est de suivre la luminosité de la supernova au fil du temps afin de mesurer avec précision les décalages temporels entre ses copies. Pour ce faire, l’équipe utilise activement le télescope robotisé COLIBRI, construit dans le cadre d’une collaboration franco-mexicaine entre l’AMU, le CNES, le CNRS, l’UNAM et le SECIHTI.

Parallèlement aux efforts déployés par les astronomes du monde entier, ces observations de SN Winny fourniront de nouvelles données cruciales et contribueront à faire un pas vers la résolution de la tension de Hubble.

Classé sous :Univers Balisé avec :Communiqué de presse

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